Près de 70 % des Canadiens ont de « sérieux doutes » à propos de l’alcool américain
Les sondages suggèrent qu’un nombre croissant de Canadiens tournent le dos à l’alcool américain plus d’un an et demi après la mise en œuvre d’interdictions provinciales sur l’alcool dans une grande partie du pays.
Un sondage Nanos Research mené entre le 28 et le 30 juillet a demandé à 1 104 Canadiens ce qu’ils feraient si l’alcool fabriqué aux États-Unis était remis dans les rayons des magasins d’alcool. Une écrasante majorité de 69 % auraient déclaré qu’ils n’étaient « pas susceptibles » d’acheter de l’alcool américain. 5 % ont répondu que c’était plutôt peu probable, 6 % ont dit qu’ils étaient plutôt probables et 10 % ont dit qu’ils étaient probables, tandis que les 9 % restants ont déclaré qu’ils ne buvaient pas d’alcool et que la question n’était pas applicable.
Lorsque Nanos a mené le même sondage en 2025, les réponses étaient un peu différentes. Seulement 62 % ont déclaré qu’ils n’achèteraient probablement pas d’alcool américain s’il revenait dans les rayons, tandis que 3 % ont déclaré qu’ils n’étaient pas sûrs de la question. Cette fois-ci, moins de 1 % tombaient dans la catégorie des personnes incertaines.
Ce changement d’attitude fait suite à une escalade rapide de la guerre commerciale. Fin juillet, l’administration Trump a signé une proclamation imposant des droits de douane supplémentaires de 50 % sur certaines importations canadiennes, à compter du 19 août. La Maison Blanche a soutenu que cette décision était nécessaire pour contrer le « traitement discriminatoire » des boissons alcoolisées américaines, qui ne sont actuellement pas disponibles dans huit des dix provinces du Canada. Les autorités affirment que les exportations américaines d’alcool vers le Canada ont chuté d’environ 81 % en moins d’un an, coûtant aux distillateurs des centaines de millions de dollars.
Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a tenu bon, déclarant aux journalistes qu’il n’y avait « aucune chance » que l’alcool américain revienne sur les étagères de sa province. Il a ensuite décrit le boycott comme « le seul levier qui semble attirer l’attention du président ».
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a adopté une position similaire, insistant sur le fait que la seule façon pour l’alcool américain de revenir sur les étagères est que les États-Unis abandonnent leurs « tarifs illégaux » sur le Canada. La grande majorité des ventes d’alcool au Canada transitent par les magasins d’alcool gérés par le gouvernement, positionnant ainsi les dirigeants provinciaux comme des décideurs clés dans la guerre commerciale avec l’administration Trump.
À mesure que le boycott s’éternise, il s’est transformé en une opportunité de vente sans précédent pour les producteurs locaux. La Régie des alcools de l’Ontario a récemment signalé une augmentation de 18 % des ventes de produits fabriqués au Canada au cours de la dernière année, menée par des gains explosifs pour les vins rouges et blancs produits localement. Les magasins d’alcool sont désormais recouverts de pancartes encourageant les clients à « acheter canadien » et les employés reçoivent une formation spécialisée sur la façon de discuter et de commercialiser les marques locales.
