Pernod Ricard Brown-Forman merger

Rapport : Le gouvernement français est « agacé » par les négociations sur la fusion Pernod Ricard et Brown-Forman, qu'il surveille de près

Les responsables du gouvernement français suivent de près les discussions sur la fusion entre Pernod Ricard et Brown-Forman, avec des préoccupations centrées sur l'emploi, les investissements et le futur siège social, selon un reportage de la chaîne locale BFMTV.

Le groupe français de spiritueux a déclaré la semaine dernière qu’il était en pourparlers avec Brown-Forman au sujet d’une potentielle « fusion entre égaux ». S’il est conclu, l’accord créerait une société combinée avec une valeur marchande estimée à environ 30 milliards d’euros et un chiffre d’affaires annuel de plus de 15 milliards d’euros.

« Au sommet de l'Etat, ils sont toujours agacés par le groupe Pernod Ricard », indique BFMTV dans son reportage.

Les responsables de l'Elysée et du ministère de l'Économie suivent de près les discussions. Selon BFMTV, des sources gouvernementales ont déclaré ne pas avoir été informées en amont des pourparlers, ce qui a provoqué une frustration au plus haut niveau.

« L'Elysée a été prévenu au dernier moment », a indiqué à BFMTV une source proche du dossier.

Il est courant que le gouvernement français soit informé avant les grandes transactions industrielles impliquant des entreprises nationales. Des sources citées par BFMTV ont déclaré que ce n'était pas le cas ici, ajoutant que les responsables restaient concentrés sur la protection des opérations basées en France.

« Nous serons très vigilants sur l'emploi, la localisation du siège et les investissements en France », a déclaré une source au média.

Le ministère de l'Économie « suit également de près » la situation, avec une attention particulière à l'empreinte industrielle de l'entreprise. Pernod Ricard emploie environ 3 000 personnes en France, y compris le personnel lié à ses opérations Martell Cognac.

A ce stade, les discussions entre Pernod Ricard et Brown-Forman sont qualifiées de « bien avancées », selon une source citée par BFMTV. Les équipes de direction sont alignées, même si le conseil d'administration d'aucune des deux sociétés n'a formellement approuvé un accord. Les principales questions à l'étude comprennent la structure de gouvernance et l'endroit où la société issue de la fusion serait basée.

Si le gouvernement français ne classe pas Pernod Ricard comme une entreprise stratégique ou souveraine, elle est considérée comme un acteur industriel majeur. Le secteur des vins et spiritueux reste un élément clé de l'économie d'exportation française, les données douanières montrant que les exportations de cette catégorie ont augmenté de 5 % en 2025.

Pernod Ricard a récemment été confronté à des pressions sur des marchés clés. Les ventes de l'entreprise en Chine ont diminué l'année dernière, en raison des droits de douane sur le cognac. Elle est également impliquée dans un litige de longue date à Cuba concernant la marque Havana Club.